Le talent à fleur de peau
Adrien Lagrega, le tatoueur bien connu du haut de la rue de Verdun, vient de décrocher deux trophées à Tattoonesia 2007, la troisième convention internationale du tatouage polynésien qui vient de se dérouler à Papeete.
La troisième convention internationale annuelle du tatouage polynésien s'est déroulée du 7 au 11 novembre dernier dans la salle Aorai Tini Hau de Pirae, banlieue nord de Papeete. L'événement a réuni 45 tatoueurs, dont 30 artistes polynésiens et 15 autres originaires de Râpa Nui, Nouvelle-Zélande, Samoa, Hawaï, Nouvelle-Calédonie, Japon, Canada, Danemark, Pologne, Belgique, Angleterre et France. Le tatoueur Adrien Lagrega était le seul Calédonien invité à cette convention.
Deux prix pour Adrien
Cette manifestation, qui a attiré plus de 5 000 visiteurs, s'est fixé depuis trois ans un double objectif : promouvoir et faire connaître l'art du tatouage polynésien et récompenser les meilleurs artistes. Elle était cette année placée sous le thème du tatouage au féminin. De nombreux artisans, bijoutiers, sculpteurs, musiciens et danseurs ont par ailleurs participé à ces journées qui ont été suivies par une centaine de journalistes. Chaque tatoueur invité disposait d'un stand où il pouvait exercer son art sous les yeux du public et dans de strictes conditions d'hygiène. Chaque jour, était décerné le
prix « Best of de day » du meilleur tatouage effectué dans la journée. Adrien a gagné celui du mercredi 7 novembre. Le samedi soir, le jury a décerné les prix attribués sur l'ensemble de la convention : meilleur dos, meilleur bras, meilleure jambe et meilleur rein, ainsi que les prix international et polynésien qui récompensent les deux meilleurs tatoueurs.
C'est donc Adrien qui a gagné le prix international, alors que le prix polynésien a été attribué à Marama Oison, de Bora Bora. Cette convention a aussi été l'occasion d'un débat sur l'avenir du tatouage polynésien dans la culture maho'i et dans le monde d'aujourd'hui. La plupart des participants se sont accordés sur le risque de le voir perdre sa symbolique traditionnelle profonde pour devenir un art purement décoratif.
"Les Nouvelles calédonienne" • 2007